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Sœur cadette d’Olivia de Havilland, elle prend d’abord le pseudonyme de Joan Burfield puis adopte dès 1937 (Pour un baiser, G. Stevens) celui qu’elle rendra célèbre. Sauf pour Une demoiselle en détresse et Gunga Din, la RKO la maintiendra dans des films à petit budget jusqu’à 1939. Mail elle joue une scène d’une bouleversante sensibilité dans Femmes et interprète de 1940 à 1944 plusieurs grands rôles. Soupçons lui vaut même l’Oscar. Menée sans doute avec quelque nonchalance, sa carrière, après la guerre, manque de relief : elle figure élégamment dans des films à costumes ou joue des dames distinguées, inquiètes, parfois jusqu’à la névrose. De ce déclin, on exceptera la Lettre d’une inconnue et l’Invraisemblable Vérité. Les échotiers, entre-temps, ne se lassent pas de conter les détails de la rivalité avec sa sœur.
Mince et élégante, la silhouette de Joan Fontaine, légèrement voûtée, garde toujours une part de maladresse. Mieux : une hésitation. Cette incertitude, dans sa tournure adolescente, explique le charme d’Une demoiselle en détresse, retrouvé dans la première partie de Lettre d’une inconnue. Plus tard, elle prendra l’aspect d’un malaise : accentué par son aspect fragile, cet air instable deviendra pour Hitchcock la meilleure traduction de l’anxiété. Quand Jane Eyre l’oppose à la stature autoritaire d’Orson Welles, l’image de Joan Fontaine révèle son manque d’assise. L’acte même de l’expression semble pour elle un tourment, ce qui fait d’elle une comédienne à la fois discrète et convaincante. Lang a parfaitement utilisé ce recul devant la déclaration ; Cukor et Ophuls ont compris au contraire quelle rayonnante douceur cette retenue pouvait conférer au rare moment de l’aveu. Quand le regard s’arrête, quand toute torsion et toute agitation ont abandonné le corps, la pudeur fait subsister une tension, merveilleuse messagère de la passion. Elle a écrit son autobiographie (No Bed of Roses, 1978).
1937 : Une demoiselle en détresse (G. Stevens)
1939 : Gunga Din (G. Stevens) ;  Femmes (G. Cukor)
1940 : Rebecca (A. Hitchcock)
1941 : Soupçons (A. Hitchcock)
1942 : Âmes rebelles (This Above All, A. Litvak)
1943 : Tessa, la nymphe au cœur fidèle (E. Goulding)
1944 : Jane Eyre (R. Stevenson) ;  L’aventure vient de la mer (M. Leisen)
1945 : les Caprices de Suzanne (The Affairs of Susan, W. Seiter)
1947 : le Crime de Mme Lexton (Ivy, S. Wood)
1948 : la Valse de l’Empereur (B. Wilder) ;  Lettre d’une inconnue (M. Ophuls)
1950 : Born to Be Bad (N. Ray)
1951  : les Amants de Capri (September Affair, W. Dieterle) ;  Darling, How Could You (M. Leisen)
1952 : l’Ivresse et l’Amour (Something to live, G. Stevens); Ivanhoé (R. Thorpe)
1953 : Pages galantes de Boccace (H. Fregonese) ; Vol sur Tanger (Ch. M. Warren) ; The Bigamist (I. Lupino)
1956 : Sérénade (A. Mann) ; l’Invraisemblable Vérité (F. Lang)
1957 : Une île au soleil (R. Rossen) ; Femmes coupables (R. Wise)
1958 : Un certain sourire (A Certain Smile, J. Negulesco)
1962 : Tendre est la nuit (H. King)
Filmographie
Joan Fontaine
(Actrice Américaine)

né le 22 Octobre 1917
à Tokyo, Japon